La recette d'une bonne programmation

La programmation des Grands Ballets Canadiens (GBC) est tombée, mais avec la légèreté d'une ballerine, évidemment.
Parmi les nouveautés on attend avec impatience Le Petit Prince, le célèbrissime conte poétique de l'ami Saint-Exupéry, auteur de cette phrase qui en a ému plus d'un: «On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux.» C'est Didy Veldman qui en signe la chorégraphie.

Autre nouveauté le spectacle Rodin/Claudel qui mettra en scène la passion amoureuse entre la sculpteure Camille Claudel et Auguste Rodin et ouvrira la nouvelle saison le 13 octobre prochain.
Si vous avez aimé le film Black Swan du génial Darren Aronofsky, vous ne manquerez pas la version moins névrosée proposée par les GBC du Lac des cygnes. L'autre bonne raison d'aller applaudir ce spectacle tient au fait que c'est le ballet de Novossibirsk lui-même qui interprètera cette oeuvre. «Nous sommes très fiers de recevoir cette troupe qui est une des meilleures de danse en Russie, comme le sont le Ballet du Théâtre du Bolchoï de Moscou ou celui du Mariinsky de Saint-Pétersbourg» nous a confié Alain Dancyger, le directeur général des GBCM.

Les GBC proposent un «deux pour un» avec une Soirée Stravinski qui comprendra Noces et Le Sacre du printemps.
Ceux que le classique laissent de marbre se rattraperont grâce aux chorégraphies de l’Alvin Ailey American Dance Theater. Là encore un deux pour un est offert avec d'une part Révélations, le ballet-culte sur des chants gospels créé en 1960 par feu Alvin Ailey. La recette est fort simple: dans un shaker mettez en proportion égale de la danse africaine, du jazz, de la danse moderne et du classique classique, secouez et servez brûlant devant un auditoire captivé. D'autre part La troupe new-yorkaise interprétera The Hunt et In/Side signé par Robert Battle, le nouveau directeur artistique.
Vous n'y échapperez pas, petits et ex-petits... L'indéboulonnable Casse-Noisette de Fernand Nault est de retour pour une 48e année. Sur la musique du maître Tchaïkovsky, ce ballet créé il y a 120 ans, continue de fasciner et attire toujours les foules à chaque saison. 150 personnages, des décors et des costumes osons le dire assez féériques... on aime.
Une programmation très variée donc, qui devrait permettre à chacun d'y trouver son compte. Nous avons demandé à Alain Dancyger le secret d'une bonne programmation, voici sa réponse: «Quand nous faisons la programmation des GBC, nous ne cherchons pas à plaire à tel ou tel public en fonction du spectacle. Au contraire, nous mettons à la place d'un seul spectateur qui prendrait un abonnement à l'année et déciderait d'aller voir tous les spectacles. Cette personne doit assister aux différentes expressions artistiques que la danse propose aussi bien classique que contemporaine, c'est à un voyage de découvertes qu'il faut que cette personne prenne part».