En spectacle au Festival de Jazz, les 2 et 3 juillet

Le compositeur, interprète et guitariste, descendant de la dynastie royale de l'ancien Empire Songhaï, nous transporte aux rythmes folkloriques évoquant une forte connexion avec la terre, un appel à honorer les traditions. En tant que descendant de la monarchie, Sidi éprouvait un conflit entre les attentes de ses proches et son penchant envers la musique. Finalement, la musique a crié victoire.
Gagnant de plusieurs prix nationaux, c’est dans son plus récent album, Koïma que Sidi se livre en offrant des chansons et mélodies qui racontent des histoires du glorieux passé et du présent tumultueux de son pays natal. Originaire de Gao, une des huit régions du Mali, Sidi Touré se dit fier d’avoir été le premier des Touré à être devenu musicien.
On peut presque entendre le vent du Sahara dans les extraits sonores de ses chansons folkloriques blues. La voix féminine qui accompagne celle de Sidi résonne comme un écho en harmonie parfaite et les guitares ne laissent aucun doute que, le blues, tel qu’on le connait aujourd’hui provient de l’Afrique. Un folklore nostalgique qui se marie parfaitement au blues Malien définit plus précisément le style de cet artiste fascinant au parcours unique. Sidi se présente pour la première fois dans le cadre du Festival de Jazz ce soir.
Sidi, quel message est véhiculé dans votre musique?
S.T: J’ai toujours quelque chose à dire, je tiens à transmettre un message de paix, je parle de la rébellion au Mali, je veux raconter la terre qui m’a vu naître, rendre les gens conscients de la situation. Je tiens à ce que ma musique apporte un changement positif.
Quand l’inspiration vous vient-elle le plus souvent et comment se passe le processus créatif?
S.T: Je suis inspiré quand je suis nerveux, quand je suis content, ça peut m’arriver à n’importe quel moment en fait. Dès que ça m’arrive je m’enregistre dans mon portable et à partir de là je développe.
Quelle est la dynamique entre vous et vos musiciens?
S.T: On retrouve beaucoup de fraternité, d’amour et d’humour aussi. Dans mon ensemble, les instruments tels que le calabash (instrument traditionnel), le Sokou (violon traditionnel), njarka et les guitares acoustiques forment le cœur de ma musique.
Provenant d’une dynastie noble, comment êtes-vous parvenu à faire comprendre aux membres de votre famille que vous vouliez une carrière en musique?
S.T: Ça n’a pas été facile de suivre mon propre chemin. Mon frère ainé cassait les guitares qu’à l’âge de 10 ans je fabriquais moi-même pour montrer son désaccord. Ma famille voulait que je me mette à étudier, à dédier mon temps à de la paperasse. Vers l’âge de 20 ans, j’ai quitté ma région et j’ai voyagé beaucoup. Ces voyages m’ont inspiré, m’ont donné le goût de puiser dans mes racines. Après tout, je ne suis pas le seul d’une dynastie noble à devenir musicien, il y a aussi Salif Keita. De plus, une figure que j’admire énormément est Ali Farka Touré, un homme qui a fait beaucoup pour notre musique.
Quels sont vos projets pour l’avenir?
S.T: Ah, j’ai beaucoup d’ambitions. En plus de faire la musique, j’aimerais créer un centre/école au Mali pour apprendre aux gens les instruments traditionnels, si souvent oubliés. Dans mon pays on dit « La terre ne ment pas, si tu fais de la musique c’est parce que ton ventre est plein » donc j’aimerais me mettre à cultiver la terre, à faire de l’agriculture et ainsi collaborer à créer une société plus juste car j’ai la conviction que tous les hommes sont égaux.
Finalement, qu’est-ce que ça représente pour vous de jouer pour le public Québécois au Festival de Jazz?
S.T: Je me sens honoré d’être bientôt parmi les Montréalais. Je suis venu l’année dernière avec un passage "en flèche" mais j’ai pu remarquer que les gens ici sont sympathiques, très aimables et accueillants. Je veux simplement dire à mon public québécois que je serais à la hauteur des attentes, je ne décevrais pas. D’ici là, je les embrasse fort!
Des soirées dansantes s’annoncent.
Sidi Touré sera en concert gratuit le 2 Juillet à 20h sur la scène Les Tropiques Bell (angle Clark et Sainte-Catherine) et le 3 Juillet à 20h sur la scène Rio Tinto Alcan (angle Sainte-Catherine et Jeanne-Mance).