Face à face avec Tiken Jah Fakoly

Tiken Jah Fakoly sera en concert le samedi 12 mars et le dimanche 13 mars 2011 à l'Olympia de Montréal, ce qui constitue en soi une excellente nouvelle pour les amateurs de bonne musique en général et pour les fans de reggae en particulier. Nous l'avons rencontré lors de son passage à Montréal en février dernier.
Tiken Jah n'aime pas le froid. À peine sommes-nous arrivés dans la suite de l'hôtel où il donne une série d'entrevues, qu'il nous confie qu'il ne sortirait pas dehors de tout son séjour en sol québécois. Il faut dire que les fois précédentes que le chanteur de reggae ivoirien nous avait rendu visite c'était pendant les festivals d'été, une toute autre ville...
Citeeze: Votre album s'intitule African Revolution. C'est ce que vous souhaitez?
J'aimerais que la révolution oui, mais qu'elle se fasse par l'éducation. Le système occidental profite malheureusement de l'ignorance de l'Afrique depuis des années. J'aimerais que le peuple Africain se réveille, et dans ce sens-là oui on peut parler d'appel à la révolution.
Citeeze: Vos chansons sont plus que des chansons pour danser...
Oui, mon rôle est d'éveiller les consciences, j'essaye d'être la voix des «sans voix» et si je fais du reggae ce n'est pas pour chanter des «Je t'aime», ça je le dis mais en privé. Je veux être un ambassadeur de l'Afrique, et parler de ce pays en mouvement qui a besoin de temps pour se reconstruire. Nous pensions être arrivés au bout du tunnel avec les élections ivoiriennes mais finalement le rêve a été brisé, mais on prie pour que ça change. Je suis confiant.
Citeeze: Vous avez abandonné les cuivres, le son est radicalement différent de vos précédents albums, pourquoi ce changement?
Vous savez après dix albums et 15 ans de carrière j'avais envie de sortir de la monotonie. J'ai donc utilisé des instruments traditionnels africains. C'était aussi une façon de ne pas m'installer dans une forme de monotonie. Je ne veux pas m'éloigner trop de mon style et faire du rock par exemple mais faire un reggae différent, avec une couleur africaine.
Citeeze: La chanteuse Asa se retrouve en duo sur l'album. Hasard d'une rencontre?
Oui j'ai rencontré Asa au festival des Francofolies de La Rochelle en France. Nous avons chanté deux fois ensemble et j'ai été littéralement séduit par son talent; de plus je trouve ça important de partager le micro avec d'autres artistes.
Citeeze: Il y a une référence à Bob Marley avec la chanson Marley Foly, il représente quoi pour vous?
C'est grâce à lui que j'existe, tout simplement. Bob Marley était un prophète, c'est grâce à lui que le reggae s'écoute partout sur la planète. Il est à la fois une référence musicalement mais au-delà de ça, j'ai aimé son combat qui est celui du ghetto contre le monde. La prophétie se confirme, car comme il l'a dit un jour: «Le reggae retournera à la source: en Afrique».
Citeeze: Vous écoutez quels genres de musique chez vous?
Beaucoup de musiques du monde, de la musique traditionnelle du Mali, du reggae bien-sûr et du rap, mais pas du rap américain parce que le côté «Je débarque chez toi avec un pistolet» c'est pas mon fort.
Citeeze: Est-ce que vous écoutez des chanteurs québécois?
Je dois vous avouer que non, je n'ai pas eu trop l'occasion. Le seul groupe que je connaisse et que je trouve excellent c'est DobaCaracol.