Une 7e édition tout à fait raisonnable

Ça y est, le Festival International du Film Black de Montréal (FIFBM pour les amoureux d'acronymes) est devenu raisonnable. Non pas qu'il fît jusque-là n'importe quoi, mais raisonnable car il a atteint le fameux âge de raison de sept ans.
Mais si cette 7e édition est raisonnable, elle est également très riche avec pas moins de 125 œuvres issues d'une trentaine de pays, autant dire un tour du monde.
Comme de nombreux festivals, le FIFBM possède les incontournables sections longs métrages, moyens et courts et on retrouvera tous les genres: de la fiction au documentaire en passant par les films d’animation. Éclectisme également en ce qui concerne les thèmes abordés qui ont été classés dans 10 catégories. Les amateurs du film d'art seront ravis, les passionnés de drame politique seront aussi choyés, quant aux fous de comédies ils seront très contents d'apprendre que c'est ce genre qui ouvrira le festival. Très bon choix du festival au passage qui abordera par ailleurs des thèmes moins légers comme la catastrophe d'Haïti.
Le coup d'envoi sera donné avec humour le 22 septembre avec Case départ, un film réalisé à six mains par Fabrice Éboué, Thomas Ngijol (tous deux humoristes français) et Lionel Steketee.

Cette comédie, qui vient de connaître un joli succès en France, est l'histoire de deux demi-frères d’origine martiniquaise qu’une vieille tante mystérieuse expédie dans les Antilles du XVIIIe siècle pour leur faire prendre conscience de deux ou trois choses. L’esclavage y bat alors son plein, ce qui change en effet considérablement la donne quand on a la peau noire.
Le Festival dont la parole sera portée fièrement par Charles Biddle Jr, proposera aussi des rencontres comme cette « conférence-débat » intitulé avec humour fondu au noir. Également au programme un hommage attendu à Souleymane Cissé, premier cinéaste africain à avoir été primé au Festival de Cannes et qui recevra le Grand Prix hommage de cette 7e édition pour l'ensemble de son œuvre. C'est l’écrivain haïtien Dany Laferrière qui aura l'honneur de lui remettre son prix.

Le thème de l'esclavage qui a été traité de façon humoristique à l'ouverture du festival le sera à nouveau pour la clôture mais sur un mode plus grave et actuel avec le film I am slave de Gabriel Grange, le réalisateur de Death of a President. Ce film traite de l'histoire vraie de Malia, la fille du champion de lutte Bah, enlevée de son village soudanais par une milice pro-gouvernementale arabe. Elle sera ensuite vendue comme esclave à une femme de Kartoum, qui la maltraite.
Il vous en coûtera 10$ par film mais de nombreuses cartes permettent de réduire ce prix et de voir plusieurs films comme la carte ciné-accès à 70$, valable pour 10 entrées.